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Efthymiou L. Entre " nonne " et " monstre " : images " du professeur femme " dans la France de la Belle Époque. French Cultural Studies [Internet]. 2021;32(4 ):403–416. Publisher's VersionAbstract
Le « professeur femme » est inventé en 1881 par la toute jeune IIIe République dans le cadre d’une entreprise de large envergure visant à la laïcisation du système scolaire français. Soucieux de ne point nuire au succès d’une oeuvre si importante pour la stabilité du régime même, les républicains s’emploient à faire intégrer cet être « hermaphrodite » tenant autant du masculin que du féminin à la norme. Ainsi est façonnée une nouvelle identité féminine aussi paradoxale que complexe dans la mesure où elle concilie deux extrêmes : celui de la nonne laïque entièrement vouée à ses élèves et, par ailleurs, celui de la savante, usurpatrice d’une profession définie au masculin, indépendante certes, mais au prix du sacrifice de sa féminité.The "professeur femme" was invented in France by the Third Republic in 1881 as part of a large-scale enterprise aimed at secularizing the French school system. Anxious not to harm the success of such an important project for the stability of the regime itself, the Republicans tried to integrate to the feminine norms this "hermaphrodite" human being, which takes as much from the female as it does from the male (Madame le Professeur): first, by taking care to give it specific training as to its scientific and moral content and, in this regard, adequate to the limited knowledge that it must transmit to the future French wives and mothers entrusted to it; then, by endowing it with the qualities of chastity, dedication and self-denial that characterize a female model, "the nun", whom it is called to replace. Thus, was shaped at the end of the 19th century a new feminine identity, as paradoxical as it was complex, since it reconciled two extremes: that of the “lay nun” and, that, complementarily opposed, of a scholar, independent certainly but at the cost of denial and sacrifice of her femininity. At the crossroads of culture and gender, this study based on legislative and administrative texts, archives and French female secondary teachers’ testimonies explores the construction of a particular sexual, gender and professional identity.
Ευθυμίου Λουκία. Η εκπαίδευση των καθηγητών γαλλικής στην Ελλάδα κατά τον 19ο και 20ό αιώνα. Όψεις μιας αμφίσημης ελληνογαλλικής πολιτιστικής συνεργασίας. Επιστημονική Επετηρίδα της Φιλοσοφικής Σχολής του Πανεπιστημίου Αθηνών . 2020;ΜΔ (44):405-418.Abstract
Για έναν περίπου αιώνα (1837-1930), η ελληνική Πολιτεία δεν μερίμνησε για την οργάνωση μιας επίσημης δομής αρχικής κατάρτισης επιφορτισμένης με τη μόρφωση των καθηγητών γαλλικής. Στα τέλη του 19ου αιώνα, το ζήτημα αρχίζει να απασχολεί και τη γαλλική πολιτιστική διπλωματία, η οποία το συνδέει άμεσα με τη διάδοση/διάχυση της γαλλικής γλώσσας και κατ’ επέκταση με την ισχυροποίηση της γαλλικής παρουσίας στο γεωπολιτικό γίγνεσθαι της περιοχής. Η μελέτη αυτή επιχειρεί να αποτυπώσει τους βασικότερους σταθμούς της ιστορίας της εκπαίδευσης των καθηγητών γαλλικής στην Ελλάδα από τη θεσμική ανυπαρξία έως τη συγκρότηση της γαλλικής γραμματείας σε γνωστικό αντικείμενο ακαδημαϊκών σπουδών με την ίδρυση τμημάτων στα πανεπιστήμια Αθηνών και Θεσσαλονίκης (1954). Να αναδείξει επίσης ότι, πέρα από την ελληνική κοινωνικοοικονομική και πολιτική συγκυρία που τη χάραξε, η πορεία του ζητήματος αυτού έχει και διπλωματικές/διεθνικές προεκτάσεις, καθώς συνδέεται άμεσα και με πολιτικές που αναπτύχθηκαν στο πλαίσιο μιας ελληνογαλλικής μορφωτικής συνεργασίας. Η εκπαιδευτική αυτή σύμπραξη Ελλάδας-Γαλλίας αποδεικνύεται ωστόσο αμφίσημη, καθώς εξυπηρετεί διαφορετικούς πολιτιστικούς στόχους, διαφορετικά πολιτικά και διπλωματικά συμφέροντα και διακυβεύματα.  "The French teacher education in Greece in the 19th and 20th centuries: aspects of an ambiguous Greek-French cultural collaboration" For about a century (1837-1930), the Greek State did not accommodate the organization of a formal educational structure of initial training for French teachers. At the end of the 19th century this became an issue for the French cultural diplomacy who directly linked this to the spreading of the French language and by extension to the strengthening of the French presence in the Balkan geopolitical scene. In the following study, it is attempted to map the main landmarks of the history of French teachers’ education in Greece, from institutional non-existence until the establishment of the French Language and Literature as an academic discipline with the founding of departments at the Universities of Athens and Thessaloniki (1954). Another aim of the current study is to highlight that, in addition to the Greek socio-economic and political context that has shaped it, this issue also has diplomatic / international implications, as it is directly linked to policies developed in the context of Greek-French cooperation. This educational partnership between Greece and France, however, proves to be rather ambiguous, erratic, often confrontational, since it serves different cultural goals, different political and diplomatic interests and stakes.
Efthymiou L. La formation culturelle des professeurs de français en Grèce (1914-1976) : enjeux et compromis d'une collaboration culturelle franco-hellénique. Documents pour l'histoire du français langue étrangère ou seconde [Internet]. 2018;(60-61):229-244. Publisher's VersionAbstract
Intimement liée aux divers projets, créations et réformes relatives à l’organisation d’une formation initiale, l’évolution des programmes de formation culturelle des francisants grecs au XXe siècle doit être étudiée dans une double optique. Celle, tout d’abord, que proposent les voies originales qu’emprunta le processus de disciplinarisation des études françaises en Grèce. Cette approche est, par ailleurs, inséparable d’une autre, plus politique : fruits d’une collaboration franco-hellénique étroite autant qu’ambiguë, les programmes d’enseignement des structures projetées ou mises en place entre 1914 et 1976 constituent, d’une certaine manière, le reflet des fluctuations des relations diplomatiques et culturelles entre les deux pays.Intimately linked with the various projects, creations and reforms related to the organization of an initial training, the development of the cultural curricula of the Greek Teachers of French in the twentieth century must be studied in a dual perspective. Primarily the one that is proposed by the original ways that borrow the process of disciplinarization of French studies in Greece. This approach is, moreover, inseparable from another, more political: fruits of close as well as ambiguous French-Hellenic cooperation, the educational programs of the structures designed or created between 1914 and 1976 are, in some way, the reflection of the fluctuations of diplomatic and cultural relations between the two countries.
Efthymiou L, Manitakis N. La "méthode orale" à l'Institut français d'Athènes: innovations, pédagogiques dans l'enseignement du français en Grèce (1946-1961). Documents pour l'histoire du français langue étrangère ou seconde [Internet]. 2017;(58-59):121-137. Publisher's VersionAbstract
En 1946, des enseignants de l’Institut français d’Athènes, saisis par l’inefficacité de la méthodologie traditionnelle employée en Grèce pour l’enseignement du français, mirent au point, avec l’appui du directeur de l’établissement, une stratégie d’apprentissage « adaptée » aux besoins des débutants : la « méthode orale » inspirée de la méthodologie directe. L’application de la nouvelle méthode nécessita la préparation d’un matériel d’appoint, ainsi que l’organisation de stages pédagogiques et de perfectionnement à l’intention des maîtres de français en herbe et en exercice. Grâce à des stratégies efficaces de diffusion, la « méthode orale » bénéficia en Grèce et en France d’une reconnaissance pédagogique certaine et servit à son tour de source d’inspiration à d’autres institutions culturelles françaises en Europe. Bel exemple à la fois de transfert d’une pratique enseignante et d’ajustement de ses procédés et supports pédagogiques au sein de différentes institutions d’accueil, elle finit par disparaître du paysage éducatif hellénique en 1961. In reaction to the ineffectiveness of the traditional methodology used in Greece for the teaching of the French language, a group of teachers of the French Institute of Athens developed in 1946 a new learning strategy more suitable for the needs of the beginners : the so called “oral method” had been inspired from the direct method. The implementation of the new method required the development/production of materials, as well as the organization of pedagogical courses for aspiring and confirmed teachers of French. Thanks to the use of effective strategies of diffusion, the “oral method” was acknowledged as a valid pedagogical method and became a source of inspiration for other cultural institutions in Europe. It ceased to be used in Greece in 1961.
Efthymiou L. Le rôle de l'Ecole française d'Athènes dans l'institution d'une formation de francisants en Grèce, 1897-1930. Documents pour l'histoire du français langue étrangère ou seconde [Internet]. 2015;(55):p. 121-136. Publisher's VersionAbstract
À la charnière des XIXe et XXe siècles, dans un contexte de concurrence franco-allemande accrue dans l’espace balkanique, l’absence en Grèce d’une formation officielle pour francisants, vite associée au faible niveau de l’enseignement donné dans les établissements publics, fut considérée par les milieux de la diplomatie culturelle de l’Hexagone comme un obstacle notable à la promotion de la langue française. Pendant une période de trente ans, jalonnée de projets délaissés et de tentatives mort-nées, de régressions et d’accélérations, l’École française d’Athènes, établissement culturel dont l’une des missions originelles était l’enseignement, mena de difficiles négociations, officieuses et officielles, avec le gouvernement grec en vue d’être chargée de la mission de former les francisants grecs. Le projet français trouve sa réalisation en 1930 dans la loi qui créa la première structure franco-hellénique de préparation au professorat de français et confia le monopole de l’organisation des enseignements de spécialité à l’Institut supérieur d’études françaises, annexe de l’École française d’Athènes.On the verge of the twentieth century, in the midst of an ever increasing antagonism among the great powers in the Balkans, the absence in Greece of a formal instruction for teachers of French was considered by the French cultural diplomacy as a serious obstacle towards realizing the latter’s linguistic political agenda in the area. For thirty years, the French Archaeological School – a cultural institution founded in Greece in 1846 aiming, among other things, to promote the French language through Education – conducted negotiations with the Greek government in order to undertake the responsibility of professionally training Greek teachers of the French Language. This French pursuit was finally realized by the 1930 law, which created the first relevant Greek-French formation structure and assigned the monopoly of organizing specialization courses to the educational branch of the French Archaeological School, the French Institute.
Efthymiou L. Simone Weil vs Université : aspects inédits de l'histoire d'une professeure rebelle (1931-1940). Επιστημονική Επετηρίδα της Φιλοσοφικής Σχολής του Πανεπιστημίου Αθηνών . 2011;ΜΑ:279-295.Abstract
Par le biais de l’étude du cas de la professeure de philosophie Simone Weil (1931-1940), cet article s’intéresse à faire émerger un aspect du versant féminin de la transgression des normes au sein de l’Université de l’entre-deux-guerres. Il prend appui sur le point de vue des autorités universitaires tel qu’il se dessine surtout à travers la lecture des documents conservés dans le dossier de carrière de la fonctionnaire. Le présent travail tente aussi d’interpréter, sous un éclairage différent, les faits relatés par ses biographes.L’analyse prend tout d’abord en considération le double registre de la langue utilisée par l’administration : discrétion dans notices annuelles, libération du langage dans la correspondance. La deuxième partie du travail enregistre les griefs les plus graves formulés contre la philosophe. L'administration fustige, en premier lieu, les rapports que Weil entretient avec ses collègues et sa conduite irrespectueuse à l’égard de sa directrice. On lui reproche en outre de ne pas respecter les programmes officiels et de transformer sa chaire en tribune où elle défend ses idées politiques et sociales : elle viole ainsi le principe de neutralité scolaire. La troisième partie de l’étude nous entraîne sur le terrain des activités militantes de la professeure. Les rapports de police, la correspondance de ses chefs administratifs, des articles de presse, enfin, se réfèrent surtout à sa participation aux grèves ouvrières organisées à la ville du Puy. L’examen du discours déployé dans ces documents révèle que le sexe de la militante gêne davantage que sa fonction : Weil provoque en premier lieu parce qu’elle est femme, donc non citoyenne, et ensuite parce qu’elle est professeure de l’enseignement public.Dans la dernière partie sont mis en évidence les « silences » du dossier de Weil après 1933, ce qui laisse supposer qu’il fut systématiquement dépouillé après cette date. Malgré les vides dans la documentation, les documents repérés laissent percevoir clairement le point de vue de l’administration au sujet de la place de Simone Weil dans l’Université : celle-ci est, à tout moment, présentée comme une intruse, comme une déplacée, une « indésirable ».
Ευθυμίου Λουκία. Φύλο και ιστορία: η έμφυλη διάσταση στα γαλλόφωνα εγχειρίδια ιστορίας του Κεμπέκ (1980-2004). Επιστημονική Επετηρίδα της Φιλοσοφικής Σχολής του Πανεπιστημίου Αθηνών . 2008;ΛΘ:229-250.Abstract
Cette étude fut élaborée dans le cadre d’une bourse de recherche du gouvernement canadien (Canadian Studies Faculty Enrichment Award) et s’appuie sur un matériel récolté dans divers centres de recherche (Bibliothèque nationale du Québec à Montréal, Bibliothèque des sciences humaines et sociales de l’université Laval, Centre de documentation de la Centrale de l’enseignement du Québec) et organismes québécois (Centre de documentation et Coordination à la condition féminine au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport). La recherche ambitionne de combler un vide historiographique : au Québec, une des régions les plus progressistes de la francophonie en matière d’égalité des sexes et de parité, le champ d’investigation des représentations des sexes et du genre dans les manuels scolaires du secondaire est encore inexploré.L’étude porte plus précisément sur les manuels d’histoire des deux dernières classes de l’enseignement secondaire en usage entre 1980 et 2004. Pourquoi des manuels du second cycle du secondaire ? Dépourvus des stéréotypes trop voyants rencontrés parfois dans les manuels de l’école primaire, ils se prêtent plus facilement à l’analyse. Pourquoi des manuels si récents ? Compte tenu de la mission civique dont ils sont investis, l’examen de ces ouvrages permet d’interroger un avenir en train de s’inventer. La démarche méthodologique adoptée est à la fois quantitative et qualitative : constituer un corpus de notations sexuées afin d’examiner la place de chaque sexe dans l’histoire scolaire québécoise ; comparative également : il s’agit de mettre en évidence tant les évolutions advenues au cours de vingt-cinq ans que les lignes de force communes et les disparités entre manuels.Deux axes se profilent : l’examen des sources imprimées (programmes d’études, manuels) qui révèle un certain progrès de la place accordée au sexe féminin dans l’espace historique ; la proposition d’une relecture de deux périodes historiques fondée sur les apports des spécialistes de l’histoire des femmes et du genre, afin de repérer les vides laissés dans le récit historique : il s’agit des XVIIe et XVIIIe siècles (étude de l’histoire de la colonie française de la Nouvelle-France) d’une part, de la période de l’entre-deux-guerres (étude de l’histoire de France), d’autre part. L’étude des chapitres correspondants des manuels québécois révèle que l’action des individus est largement mesurée à l’aune des structures du pouvoir interprétées au masculin ; les femmes, n’étant pas toujours concernées par cet aspect de l’histoire, restent souvent invisibles.
Efthymiou L. Récits de voyage : quatre enseignantes à la Belle Époque. Clio, Histoire, Femmes et Sociétés. Voyageuses [Internet]. 2008;(28):133-144. Publisher's VersionAbstract
La présente recherche prend appui d’une part sur les textes viatiques d’un groupe de voyageuses françaises appartenant au milieu de l’enseignement secondaire féminin et d’autre part sur leurs dossiers personnels conservés aux Archives Nationales. Le profil socioprofessionnel de ces éducatrices commande le caractère spécifique de leur voyage (pays de destination, motif du voyage, contraintes temporelles et financières) et de son écriture (discours qui sous-tendent le récit). Par la publication de ces textes au début du xxe siècle un genre particulier de narration est créé : le récit de “voyage universitaire” féminin.This article examines a series of texts written by a group of French women travellers, who were secondary school teachers, in conjunction with their personnel files in the French National Archives. Analysis of the socio-professional profile of these teachers sheds light on their travels (country of destination, reasons for embarking on this journey, financial and chronological limitations) and its textualisation, that is the specific discourse underlying and enveloping their narrative. The publication of these narratives in the early 20th century, constitute a new literary genre: the female educational travelogue.
Efthymiou L. L'impact spirituel de Paul Claudel sur le milieu enseignant féminin entre les deux guerres. Bulletin de la Société Paul Claudel. 2006;(181):47-51.Abstract
Cette étude traite de l’influence de Claudel sur le milieu enseignant féminin au cours de la période de l’entre-deux-guerres. Nombre d’enseignantes et de futures enseignantes du secondaire public, intellectuelles – terme décliné alors au masculin – nourries des valeurs d’une République laïque et soumises à la règle imposant la neutralité scolaire, participent aux débats intellectuels de leur temps marqués par un renouveau spirituel. Paul Claudel tient une place privilégiée au sein de cette effervescence intellectuelle. Ce travail prend donc acte de l’intérêt que suscite dans ce milieu laïc l’oeuvre claudélienne et tente de faire émerger un aspect du versant féminin du mouvement intellectuel de cette période.Dans une première partie l’analyse porte sur les Sévriennes. Des témoignages (lettres, écrits autobiographiques d’anciennes Sévriennes), le dépouillement de la rubrique « Lectures » du Bulletin de l’Association des élèves et anciennes élèves de Sèvres révèlent la participation des futures professeures aux grands débats portant sur Dieu ainsi que l’intérêt qu’elles manifestent pour les écrits de l’auteur – intérêt soutenu par l’enseignement du professeur Paul Desjardins.La deuxième partie de l’étude tente de mettre en relief les affinités éclectiques entre Claudel et trois enseignantes qui ont publié leurs écrits dans la première moitié du XXe siècle : la philosophe Simone Weil, la littéraire Marguerite Aron et la germaniste Jeanne Ancelet-Hustache. Cette partie s’attache surtout à faire émerger leurs itinéraires privés et intellectuels.
Ευθυμίου Λουκία, Μενεγάκη Μαρία. Η εξουσία παραμένει "γένους αρσενικού"; Γλωσσικές προσαρμογές: στάσεις και αντιστάσεις. Contact. 2006;(33):56-64.Abstract
Cette étude s’inscrit au croisement des sciences sociales et des sciences du langage. Elle aborde la question de l’adaptation du système de la langue aux exigences qu’a fait surgir l’entrée des femmes dans la sphère publique et notamment dans la vie politique. Elle adopte une optique comparatiste : y sont confrontés le cas de la Grèce et celui de la France.L’étude est centrée sur les axes suivants : en premier lieu sont recensés les problèmes grammaticaux suscités par la nécessité de féminiser le langage, notamment les noms de titre et de fonction ; cette première partie tente de répertorier les attitudes et les propositions des linguistes, grammairiens et lexicographes. Ensuite sont présentées les politiques adoptées par les pouvoirs publics en matière de langue (cf. création de commissions spécialisées de terminologie en France, publication de circulaires encourageant l’utilisation des formes féminines des noms de métier, de grade et de fonction, financement de projets de recherche) ainsi que les réactions d’institutions officielles (par exemple, de l’Académie Française) face à cette politique linguistique. Le troisième axe de cette recherche concerne l’implantation de la féminisation des noms de titre et de fonction et l’évolution des usages dans le secteur des médias. Dans tous les domaines examinés, il semble bien que la France a fait davantage de progrès que la Grèce. La recherche effectuée conduit à la conclusion que les résistances face à la parité linguistique ne font que miroiter les obstacles à l’accès des femmes à une égalité politique visible et reconnue.
Efthymiou L. Le genre des concours. Clio, Histoire, Femmes et Sociétés. Coéducation et mixité. [Internet]. 2003;(18):91-112. Publisher's VersionAbstract
Les concours d’entrée aux ENS de Sèvres et d’Ulm, comme les agrégations féminines (considérées comme inférieures à celles des hommes) sont des examens qui, ayant survécu jusque dans les années 1970 et 1980, attestent de l’existence d’un «  genre des concours  ». La question de la fusion des concours masculins et féminins est pour la première fois posée entre les deux guerres. La relecture de cette histoire permet de mettre en évidence les hésitations et les réticences qui ont voué pendant plus de soixante ans le projet initial à l’échec.  The existence of a specifically feminine agrégation (which was considered inferior to the male exam), as well as the separation by sexes that existed in the entrance examinations to the superior normal schools of Sèvres and Ulm  attest to the gendered nature of these examinations. The question of uniform entrance examinations for both sexes was originally posed in the period between the wars. Examining the history of these exams reveals how hesitations and doubts for over 60 years condemned the original proposal to failure.
Database
Efthymiou L. José Grosdidier de Matons. Médiateurs culturels entre Grèce, France et autres pays européens (1830-1974) [Internet]. Forthcoming;(Institut de Recherches Historiques / Fondation Nationale de la Recherche Scientifique & Ecole française d'Athènes). Publisher's Version
Efthymiou L. Raymond Matton. Médiateurs culturels entre Grèce, France et autres pays européens (1830-1974) [Internet]. Forthcoming;(Institut de Recherches Historiques / Fondation Nationale de la Recherche Scientifique & Ecole française d'Athènes). Publisher's Version
Ευθυμίου Λουκία. Έδρα Γαλλικής Φιλολογίας-Πανεπιστήμιο Αθηνών. Médiateurs culturels entre Grèce, France et autres pays européens (1830-1974) [Internet]. Forthcoming;(Institut de Recherches Historiques / Fondation Nationale de la Recherche Scientifique & Ecole française d'Athènes). Publisher's Version
Conference Proceedings
Πανεπιστήμιο και διεθνείς σχέσεις: οι έδρες των ξένων φιλολογιών στον 20ό αιώνα [Université et relations internationales : les chaires de littératures étrangères en Grèce au 20e siècle] Ευθυμίου Λουκία, Μανιτάκης Νικόλας. Forthcoming.Abstract
Ο συλλογικός αυτός τόμος επιχειρεί να χαρτογραφήσει το ιδιαίτερα θολό ακόμη ιστορικό τοπίο των πανεπιστημιακών εδρών ξένων φιλολογιών και να φέρει στο φως πολλές μέχρι σήμερα άγνωστες πτυχές της ακαδημαϊκής ιστορίας των ξένων φιλολογιών στην Ελλάδα. Εστιάζει ειδικότερα στη λειτουργία των εδρών της γαλλικής, γερμανικής και αγγλικής φιλολογίας, από την περίοδο του Μεσοπολέμου, όταν πρωτοθεσμοθετήθηκαν, μέχρι και τη δεκαετία του 1970, όταν ολοκληρώθηκε η μετάβαση προς έναν νέο θεσμό, τα πανεπιστημιακά τμήματα, και για την τελευταία χρονολογικά από τις εξεταζόμενες ξένες φιλολογίες. Περιλαμβάνει εισαγωγή και τέσσερις πρωτότυπες μελέτες που βασίζονται στη συστηματική αξιοποίηση ανεξερεύνητου αρχειακού υλικού (ξένα και ελληνικά αρχεία) από ερευνητές που ειδικεύονται στο συγκεκριμένο επιστημονικό πεδίο. Για καθεμιά από τις τρεις παραπάνω φιλολογίες αφιερώνεται ένα χωριστό κεφάλαιο, όπου διερευνάται ο ρόλος που έπαιξαν οι ξένοι πολιτιστικοί εταίροι της Ελλάδας στη σύσταση, τη στελέχωση αλλά και γενικότερα τη λειτουργία των πανεπιστημιακών αυτών εδρών. Αντιστοίχως, εξετάζονται και οι θέσεις των ελληνικών ανώτατων ιδρυμάτων σε σχέση με το ζήτημα της διδασκαλίας των ξένων φιλολογιών στο πανεπιστήμιο. Προσκομίζονται επίσης στοιχεία που αφορούν στο διδακτικό προσωπικό και στις ιδιαιτερότητές του (αλλοδαποί φιλόλογοι ή/και καθηγητές ξένων πανεπιστημίων), στις διαλέξεις που τα μέλη του έδιναν στα αμφιθέατρα του ιδρύματος και στη σύσταση του ακροατηρίου τους. Σε ένα τελευταίο κεφάλαιο, επιχειρείται μια σύνθεση της ιστορίας αυτής, μέσω μιας συγκριτικής προσέγγισης που εντοπίζει τις συγκλίσεις και τις αποκλίσεις, έτσι όπως αυτές καταγράφονται κατά την ιστορική διαδρομή των θεσμών αυτών.
Διαμεσολάβηση και πρόσληψη στον ελληνογαλλικό χώρο. Médiation et réception dans l'espace culturel franco-hellénique. [Internet]. 2015:512. Publisher's VersionAbstract
Διερευνώντας συστηματικά τις θεματικές διαμεσολάβησης, πρόσληψης, ποικιλόμορφων επιρροών και αλληλεπιδράσεων, οι εργασίες του συλλογικού αυτού τόμου  θέτουν ως στόχο τη μελέτη των ελληνογαλλικών πολιτισμικών ανταλλαγών από την αρχαιότητα έως τη σύγχρονη εποχή, στις διάφορες εκφάνσεις αυτών, προτείνουν γόνιμους προβληματισμούς και ενθαρρύνουν περαιτέρω την επιστημονική έρευνα σχετικά με τον διάλογο των πολιτισμών Ελλάδας και Γαλλίας.
Conference Paper
Efthymiou L, Ménégaki M. L'oeuvre de Simone de Beauvoir en Grèce. Une histoire à multiples facettes. In: Proceedings of the 18th International Simone de Beauvoir Society Conference: Simonde de Beauvoir: Yesterday, Today and Tomorrow. ; 2017. pp. 268_-278. Publisher's VersionAbstract
The aftermath of the Second World War is characterized by an intense intellectual activity that influences all academic fields: literature, art, philosophy…Greece, a small, devastated country, just emerging out of a long, bitter Civil War, contributes to that intellectual movement with whatever meager means possible. However, this intellectual progress is closely observed and followed by the majority of Greek scholars of the time. The Greek intelligentsia, submerged to a great extent in the French language and culture, is clearly affiliated with France which has, after all, been for centuries the hotbed of ideological currents that have drastically shaped the face of modern culture. Consequently, the lack of original creation on the part of Greece is successfully substituted by a great number of works translated from the French language. Amongst the great writers presented to the Greek readership Simone De Beauvoir holds a prominent position. De Beauvoir has enjoyed special recognition from the very start, not being overshadowed to the least by her equally brilliant partner Jean-Paul Sartre, who was one of the most eminent philosophers of his time. The current study intends, on a first level, to depict the various landmarks of the reception awaiting Simone De Beauvoir’s work in Greece. Moving on, our analysis will focus on her basic philosophic essay: The Second Sex. This work is of special interest since it has been repeatedly translated and published in Greece. It is surprising to observe that even this year a new edition of this particular book has come out. A detailed juxtaposition between the prototype and the various Greek translations will help us to observe any omissions, additions or even alterations. Bearing in mind certain vital criteria—the translators’ personalities, their target groups throughout time and the sociopolitical milieu these translations took place in—we will attempt to shed light to the underlying importance of this phenomenon. This is a research that, based on material drawn from the press, the publishing houses and the national archives, highlights the great influence this great thinker had on Greece’s ideological progress.La période qui suit la fin de la Seconde Guerre mondiale est marquée, dans lemonde occidental, par une intense fermentation intellectuelle qui touche tous les domaines de l’esprit : la littérature, l’art, la philosophie... La Grèce, petit pays qui sort ruiné d’une longue guerre civile de quatre ans, apporte une faible contribution à ce mouvement qu’elle suit, tout de même, avec un vif intérêt. L’intelligentsia grecque, formée pour la plupart dans la langue et la culture françaises, est particulièrement tournée vers la France, foyer, depuis des siècles, de courants idéologiques qui ont façonné la physionomie de la civilisation contemporaine. Aussi, le manque d’une création originale est-il compensé par un foisonnement d’oeuvres traduites du français. Parmi les grands auteurs présentés au public grec, Simone de Beauvoir tient une place éminente. Bien que compagne de Jean-Paul Sartre, l’un des plus célèbres esprits de son époque, cette femme de lettres jouit, de prime abord, d’une reconnaissance tout à fait remarquable. Cette étude fait état de la réception de l’oeuvre de Simone de Beauvoir en Grèce et notamment de l’accueil réservé au Deuxième Sexe entre 1949 – année de la parution de la première traduction de cet ouvrage - et 2009 – année de la publication de sa dernière version grecque. Dans une première partie l’analyse porte sur la diffusion de l’oeuvre de la philosophe et distingue deux temps forts : 1949, fin de la guerre civile sanglante amorcée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et 1974, année de la restauration de la République en Grèce après la chute de la junte. Ces moments de rupture avec le passé coïncident avec la parution d'une nouvelle traduction du Deuxième Sexe ce qui est significatif de sa modernité. La deuxième partie de ce travail est consacrée à l’examen des diverses traductions de cette oeuvre importante de Simone de Beauvoir : celle, fragmentaire, de 1949, presque simultanée à la publication du premier volume en France ; celle de 1958, raccourcie dans un effort de rendre l’oeuvre plus accessible au public grec ; celle de 1979, intégrale mais prenant appui non pas sur le texte français mais sur la traduction américaine ; celle, enfin, de 2009, qui est d’ailleurs la plus fidèle à l’original. Inséparables des questions de réception, ces textes accompagnés de notes et d’avant-propos font surgir des questionnements sur la complexité des transferts culturels. En somme, à l’appui de documents puisés dans la presse, chez les éditeurs, aux Archives Nationales, la recherche révèle l’impact important de la pensée beauvoirienne sur l’évolution des idées dans notre pays. H περίοδος που ακολουθεί το τέλος του Δευτέρου Παγκοσμίου Πολέμου σημαδεύεται, στον δυτικό κόσμο από μια έντονη πνευματική ζύμωση που αγγίζει όλους τους τομείς του πνεύματος: τη λογοτεχνία, την τέχνη, τη φιλοσοφία… Η Ελλάδα, μικρή χώρα, που εξέρχεται ρημαγμένη από ένα μακροχρόνιο εμφύλιο πόλεμο, συνεισφέρει με τα πενιχρά της μέσα σε αυτή την κίνηση την οποία ωστόσο παρακολουθεί με ζωηρό ενδιαφέρον. Η ελληνική ιντελλιγγέντσια, διαποτισμένη σε μεγάλο βαθμό με τη γαλλική γλώσσα και κουλτούρα, είναι στραμμένη προς τη Γαλλία, η οποία από εδώ και αιώνες υπήρξε η εστία ιδεολογικών ρευμάτων που διαμόρφωσαν τη φυσιογνωμία του σύγχρονου πολιτισμού. Επομένως, η έλλειψη πρωτότυπης δημιουργίας αντισταθμίζεται από ένα μεγάλο αριθμό έργων μεταφρασμένων από τα γαλλικά.  Ανάμεσα στους μεγάλους συγγραφείς που παρουσιάζονται στο ελληνικό κοινό, η Σιμόν ντε Μπωβουάρ κατέχει μια εξέχουσα θέση.  Αν και σύντροφος του Ζαν-Πωλ Σαρτρ, ενός από τα επιφανέστερα πνεύματα της εποχής, η γυναίκα αυτή των γραμμάτων απολαμβάνει ευθύς εξαρχής μία ιδιαίτερη αναγνώριση. Η παρούσα μελέτη προτίθεται, σε ένα πρώτο επίπεδο, να σκιαγραφήσει τους διάφορους σταθμούς της πρόσληψης του έργου της Σιμόν ντε Μπωβουάρ στην Ελλάδα. Στη συνέχεια, η ανάλυσή μας θα επικεντρωθεί στο βασικό φιλοσοφικό της δοκίμιο: Το Δεύτερο φύλο. Το έργο αυτό παρουσιάζει εξαιρετικό ενδιαφέρον διότι γνώρισε επανειλημμένες μεταφράσεις και εκδόσεις στην Ελλάδα. Ακόμα και εφέτος κυκλοφόρησε μια νέα μετάφραση. Μία λεπτομερής αντιπαραβολή ανάμεσα στο πρωτότυπο και στις διάφορες ελληνικές μεταφράσεις θα μας οδηγήσει στο να εντοπίσουμε τις παραλείψεις, τις προσθήκες και τις αλλοιώσεις.  Ξεκινώντας από ορισμένα κριτήρια – την προσωπικότητα των μεταφραστών και μεταφραστριών, το εκάστοτε κοινό τους και τις ιστορικές στιγμές όπου πραγματοποιήθηκαν αυτές οι μεταφράσεις – θα προσπαθήσουμε να φωτίσουμε την βαθύτερη σημασία αυτού του φαινομένου. Πρόκειται για μία έρευνα η οποία, στηριζόμενη σε υλικό που έχει αντληθεί από τον τύπο, από τους εκδοτικούς οίκους από τα εθνικά αρχεία, αναδεικνύει την μεγάλη επιρροή της στοχάστριας αυτής στην κίνηση των ιδεών στη χώρα.
Ευθυμίου Λουκία. Δυτικά πρότυπα και ελληνικότητα: Η Εφημερίς των Κυριών της Καλλιρόης Παρρέν και τα διλήμματα του ελληνικού φεμινιστικού κινήματος. In: Ελληνικότητα και ετερότητα. Πολιτισμικές διαμεσολαβήσεις και εθνικός χαρακτήρας στον 19ο αιώνα. Άννα Ταμπάκη, Ουρανία Πολυκανδριώτη . Αθήνα: ΕΚΠΑ, ΕΙΕ; 2016. pp. 329-341. Publisher's VersionAbstract
«Έγραψα μόνη μου την Εφημερίδα μου από την πρώτη ως την όγδοην σελίδα. Φυσικά υπό διάφορα ψευδώνυμα. Δεν είχα ούτε μία συνεργάτιδα. Είχα φέρει ένα Ιταλικόν ασήμαντον περιοδικό, καθώς και το Γαλλικόν του Léon Richer των Γυναικείων Δικαιωμάτων. Από αυτό είχα μεταφράσει μίαν μελέτη δια μίαν δημοσιογράφον Αμερικανίδα. […] Είναι 6 Μαρτίου του 1887. Το φύλλον είναι έτοιμον.»  Αν και η ιδρύτρια της Εφημερίδος των Κυριών - λαμβάνοντας υπόψη της τον εθνικιστικό λόγο της εποχής της - είχε επισταμένως φροντίσει, μέσα από κείμενα και δημόσιες παρεμβάσεις, να τονίσει και να αποδείξει την «ελληνικότητα» και την εθνική αποστολή του αγώνα της υπέρ των δικαιωμάτων των γυναικών προτείνοντας μια εναλλακτική νομιμοποιητική αφήγηση καθαρή από όποιες επείσακτες συνδηλώσεις, η μαρτυρία της αυτή γραμμένη στα 1915 είναι δηλωτική του ρόλου που έπαιξαν τα δυτικά πρότυπα της γυναικείας αμφισβήτησης τόσο στη συγκρότηση μιας φεμινιστικής συνείδησης στην Ελλάδα όσο και στην οργάνωση της εγχώριας συλλογικής γυναικείας κίνησης. Την αμφίθυμη και εν πολλοίς "αποσιωπημένη" αυτή σχέση του ελληνικού και του δυτικού φεμινιστικού κινήματος κατά τις τελευταίες δεκαετίες του 19ου αιώνα φιλοδοξεί να αναδείξει η παρούσα ανακοίνωση. Με επίκεντρο τον διάλογο που αναπτύσσεται προνομιακά με τη γαλλική γυναικεία κίνηση - πιο οικεία λόγω και της έντονης επιρροής του γαλλικού πολιτισμού στον ελληνικό χώρο εκείνη την περίοδο -, επιχειρείται μια πρώτη καταγραφή των πρωτοβουλιών και ενεργειών της Καλλιρόης Παρρέν και των συνεργατριών της (συστηματική παρακολούθηση των ξένων γυναικείων επιτευγμάτων και κατακτήσεων, συνεπής παρουσία στις διεθνείς συναντήσεις, επαφές με τα μέλη παλαιών και νέων φεμινιστικών δικτύων) με στόχο την ένταξη τους σε μια ευρύτερη οργάνωση, μια παγκόσμια «γυναικεία αδελφότητα» στο πλαίσιο της οποίας όμως η ελληνική συμμετοχή, σε ρόλο διαμεσολάβησης μεταξύ Δύσης και Ανατολής, φεμινισμού και ελληνισμού, φιλοδοξεί να διατηρήσει την ιδιαιτερότητά της.
Efthymiou L. La chaire de littérature française à l'université de Thessalonique. Histoire d'une institution franco-hellénique cuturelle. In: Διαμεσολάβηση και πρόσληψη στον ελληνογαλλικό πολιτισμικό χώρο. Médiation et réception dans l'espace culturel franco-hellénique. F. Tabaki, Ι. Botouropoulou, D. Provata, L. Efthymiou, D. Roboli, E. Tatsopoulou, et al. Αθήνα: Αιγόκερως; 2015. pp. 486-499. Publisher's VersionAbstract
Le projet d’universitarisation des études françaises en Grèce est conçu dès la fin du XIXe siècle. Il s’inscrit dans le cadre des stratégies étatiques mises en œuvre par la Grèce et la France en vue de promouvoir leurs intérêts culturels, économiques et politiques respectifs. À Thessalonique, il se concrétise par des initiatives visant, entre les deux guerres, à faire fonctionner une chaire de langue et littérature françaises au sein de la nouvelle université créée en 1925. Or, la période comprise entre la publication de la loi constitutive et la Seconde Guerre mondiale est surtout jalonnée de projets délaissés, de régressions et d’accélérations qui laissent percevoir la multiplicité des enjeux impliqués. Cependant, au cours de la décennie qui suit le conflit et sous l’effet du processus de recomposition des zones d’influence des grandes puissances, émerge en Grèce, en matière de disciplinarisation académique des littératures étrangères, un nouveau paysage universitaire composé de structures issues de conventions culturelles bilatérales : dans ce contexte, est née, en 1954, après de longues négociations menées entre les gouvernements hellénique et français, la section salonicienne d’études françaises, formule de préparation professionnelle qui, intégrée dans l’Institut de langues et littératures étrangères, devait durer jusqu’à la fin des années 1970. The project of the universitarization of French Studies in Greece has been conceived and designed since the late nineteenth century. It is part of state strategies implemented by Greece and France to promote their respective cultural, economic and political interests. In Thessaloniki, it materializes through initiatives launched during the interbellum and aiming at the creation of a Chair of French Language and Literature in the new university. However, the period between the publication in 1925 of the law establishing this University and the Second World War is mostly dotted with abandoned projects, regressions and accelerations that allow us to perceive the multiplicity and complexity of issues involved. Nevertheless, during the decade following the conflict and under the effect of the processes of recomposing the influence zones of the Great Powers, a new landscape for both Greek Schools of Humanities emerges, characterized mainly by the academic disciplinarization of Foreign Languages. It is formulated by structures stemming from bilateral cultural conventions. In this context and after lengthy negotiations between the French and the Greek government, a French Studies Department is integrated in the Institute of Foreign Languages and Literatures of Thessaloniki in 1954. This new academic formula for initial teacher professional preparation was to last until the late 1970s.
Efthymiou L. Histoire d'une cohabitation, histoire d'une collaboration: les personnels grec et français du Département de Langue et Littérature françaises de l'Université d'Athènes (1954-1991). In: Actes du 7e Congrès Panhellénique et International des Professeurs de Français: Communiquer, échanger, collaborer en français dans l'espace méditerranéen et balkanique . Collectif. Athènes: Université nationale et capodistrienne d'Athènes; 2011. Publisher's VersionAbstract
Ce travail se penche sur un aspect de la coopération franco-hellénique dans le domaine de la formation au professorat de français. Elle porte plus précisément sur la période 1954-1991 et étudie la mise sur pied à l’université d’Athènes d’une structure de préparation professionnelle destinée aux francisants. La France participe à cette entreprise avec une équipe enseignante composée de docteurs d’État, d’agrégés et de licenciés. L’étude examine le cadre de cohabitation, au sein de la Section française d’abord, du Département de langue et littérature françaises plus tard, de deux personnels, français et grec, qui tout en ayant un but commun, devaient, en même temps, servir les politiques culturelles/éducatives de leur pays respectif. Elle constitue un premier bilan des résultats d’une recherche en cours.Dans la première partie qui couvre la période 1954-1976, est évoqué, en premier lieu, le contexte géopolitique en pleine reconstruction qui émerge après la Seconde Guerre mondiale et qui conduit à une redistribution des zones d’influence entre les grandes puissances occidentales dans le domaine linguistique et culturel. Ces mutations entraînent, d’une part, la perte des privilèges français dans ce domaine et, d’autre part, une reformulation des stratégies universitaires concernant la formation des professeurs de langues étrangères ; celles-ci se concrétisent par la création de sections universitaires de préparation à cette spécialité. Suit l’examen des textes législatifs constitutifs de la Section française qui révèle les choix stratégiques qui ont prévalu et la philosophie qui a présidé lors de leur élaboration : former des fonctionnaires hellènes imbus d’une culture gréco-française ; placer cette structure sous la haute surveillance des autorités universitaires. L’analyse s’intéresse plus particulièrement au partenariat entre les deux équipes, française et grecque, inauguré par la loi de 1954. Cette collaboration n’était pas conçue sur un pied d’égalité : la loi réservait un rôle subordonné à la partie française. Il n’empêche que la responsabilité administrative de la Section (gestion économique et coordination des auxiliaires d’enseignement) était assumée par l’un des deux titulaires français des chaires créées. Une première approche du profil de l’équipe française, groupe de fonctionnaires migrants, est tentée dans un deuxième temps : composition sexuée, titres, durée des missions, difficultés de recrutement. Cette première partie se termine par une brève étude du groupe quasi-féminin de maîtres-assistant.e.s grec.que.s constitué à partir de 1964 pour faire face à l’augmentation vertigineuse de la population étudiante. La deuxième partie du travail qui examine la période 1976-1991 met en relief le processus de désengagement de la partie française de la direction de la Section. Cette rupture est le résultat de la réorientation des politiques culturelles françaises dans le domaine de l’enseignement à l’étranger. De leur côté, les professeurs grecs mettent en place les structures adéquates qui permettront l’affranchissement des sections universitaires de langues vivantes de la tutelle étrangère : création de chaires, recrutement d’un personnel grec plus nombreux et mieux instruit. Ces stratégies conduisent inévitablement à l’hellénisation et à la féminisation des structures de formation en question. En 1991, prend fin la mission du dernier lecteur français à la Section française athénienne et avec elle la collaboration franco-hellénique dans ce domaine.
Ευθυμίου Λουκία. Σχολική Ιστορία και έμφυλη θεώρηση. Συγκριτική προσέγγιση μιας θεματικής ενότητας. In: 1ο Πανελλήνιο Συνέδριο Επιστημών της Εκπαίδευσης. Αθήνα: Εθνικό και καποδιστριακό πανεπιστήμιο Αθηνών; 2010. pp. 194-203. Publisher's VersionAbstract
Le présent travail, qui s’inscrit dans le cadre d’une recherche plus vaste consacrée à l’étude des représentations sexuées véhiculées par les manuels scolaires d’histoire, se situe au croisement de l’histoire de l’éducation et de celle du genre. Il porte sur la visibilité des sexes dans les manuels d’histoire de deux pays, la Grèce et la France, à travers l’étude comparée d’une unité thématique, la Révolution française. Le choix de cette unité n’est pas arbitraire : étant donné que cette période marque une rupture profonde dans l’histoire du monde occidental, une place, plus ou moins importante, est consacrée à son étude dans les manuels d’histoire de tous les degrés d’enseignement. De surcroît, c’est pendant la Révolution française qu'un débat est ouvert en France, pour la première fois, sur la question de la participation des femmes au politique.Dans un premier temps, ce travail examine plus précisément, par le biais d’une analyse quantitative des notations sexuées, le partage de l’espace historique entre les sexes dans la partie textuelle et documentaire de neuf ouvrages français et de six manuels grecs enseignés entre 2000 et 2008 à l’école primaire, au collège et au lycée. Les résultats de cette enquête furent décevants. La place réservée à l’histoire du sexe féminin est extrêmement réduite ; en outre l’organisation des ouvrages étudiés favorise la présence fragmentaire des femmes dans le récit historique. La deuxième partie de l’étude est consacrée à un travail de marquage des présences et des absences des femmes prenant appui sur l’historiographie relative au sujet. Ce travail vise à inscrire le récit proposé dans un engagement politique pour une réécriture « genrée » de l’histoire enseignée à l’école.
Ευθυμίου Λουκία, Μενεγάκη Μαρία. Εξουσία και γλώσσα στη σύγχρονη ελληνική κοινωνία. Μια προσέγγιση. In: Greek Research in Australia, Proceedings of the Seventh Biennial International Conference of Greek Studies. Adelaide. Adelaide: Flinders University; 2009. pp. 449-466. Publisher's VersionAbstract
One of the most important evolutions marking modern Greek culture is the ever increasing presence of women in the realms of both economics and politics. This phenomenon has given significant rise to new social concerns among which lies the issue of linguistic adaptation to the new roles of the female gender. The present research is an interdisciplinary one, related both to social sciences and linguistics and dealing with the analytical category of “social gender.”  Specifically, the research in question is interested in the field of politics, which is traditionally the last bulwark of Greek patriarchal society. In other words, this investigation raises the question of whether or not the female presence in the centers of authority and power is adequately reflected in the Greek language. Moreover, the following parameters are thoroughly investigated: firstly it is attempted to register the grammatical problems emerging after the end of the male monopoly concerning power, while at the same time the first linguistic approaches to the aforementioned problem are examined.  There is also mention of the ways in which the State and other official bodies deal with this issue as well as of the everyday use of gender demarcations of various offices in the Media. Lastly, the attitude of women, either individually or collectively, towards this issue is methodically examined.Full texthttps://dspace.flinders.edu.au/xmlui/bitstream/handle/2328/8106/449-466.pdf;jsessionid=9E4B03B46AD0B1B71C19C40869981F67?sequence=1
Ευθυμίου Λουκία, Μενεγάκη Μαρία. Γαλλοφωνία και νέα έμφυλη κοινωνία. In: Language in a Changing World. Athens: National and kapodistrian university of Athens; 2008. pp. 351-357.Abstract
Cette étude porte sur l’évolution de la question de la parité linguistique dans quatre régions de la francophonie à partir des années 1970 : la France, le Québec, la Communauté française de Belgique et la Suisse romande. Elle examine le degré d’adaptation de la langue française aux conquêtes professionnelles et politiques du sexe féminin. Sont pris en considération les paramètres suivants :1. Les prises de position divergentes des linguistes. À la fin du XXe siècle deux sont les camps formés au sein des communautés francophones (notamment en Europe) : d’une part, les linguistes traditionnels prônent le caractère inaltérable d’une langue qui ne peut en conséquence devenir, en aucun cas, objet de revendications féministes ; d’autre part, les thèses des linguistes féministes qui mettent en valeur la dimension sociale de la question : à leur sens, la langue n’est pas neutre, mais constitue, au contraire, un vecteur privilégié de culture, d’idéologie.2. Les politiques en la matière mises en oeuvre par les pouvoirs publics dans les quatre pays de la francophonie considérés. Le Québec fut le premier à prendre des mesures en faveur de la féminisation linguistique ; suivent les autres pays, à partir des années 1990 notamment.3. La mise en application de la réforme linguistique dans le secteur administratif, dans le domaine de la lexicographie et des médias également. En ce qui concerne le secteur public, les enquêtes effectuées ont enregistré des résultats encourageants : utilisation des formes féminines des noms de métier, grade, fonction et titre dans les documents émanant des administrations ou des partis politiques. Presse et télévision ont largement contribué à la diffusion de la question en médiatisant le débat ; en adoptant également, dans la majorité des cas, les règles de la féminisation linguistique. La lexicographie, enfin, suit, bien que plus lentement, les évolutions dans ce domaine.
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Efthymiou L. Louise Weiss, une femme d'action en mouvement : vingt-trois ans de voyages au fond et au bout du monde (1946-1968). In: Voyage. Les politiques de la mobilité. M. Alfaro, V. Lalagianni, O. Polykandrioti. Leiden/Boston: Ed. Brill/Rodopi; Forthcoming.Abstract
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans un contexte de décolonisation progressive, Louise Weiss, reporter de renommée, écrivaine et femme politique, s’engage activement dans la défense de l’empire colonial français déjà assailli impitoyablement. Chargée de maintes missions politiques et culturelles, elle se lance dans un long voyage (1946-1968) à destination de tous les points chauds du globe : Japon, Indochine, Chine, Syrie, Liban, Égypte, Sénégal, Éthiopie, Djibouti, Madagascar, Tibet et Cachemire, entre autres. Tentative d’intervention sur le cours de la politique internationale autant que recherche sur « l’aspiration générale de l’humanité », le voyage « weissien », pratique et écritures, est à la fois acte cognitif et politique. Sous ce rapport, le récit viatique de la journaliste, vecteur de ses prises de positions politiques, sociales et idéologiques au regard des nouveaux enjeux géopolitiques et culturels qui émergent dans un monde en ébullition, revêt un caractère autant instructif que propagandiste. Sur un autre plan, il dévoile l’inquiétude d’une Européenne devant la déchéance morale de la civilisation occidentale.
Ευθυμίου Λουκία. Πανεπιστήμιο και πολιτιστική διπλωματία: η περίπτωση των εδρών Γαλλικής Φιλολογίας (1925-1955). In: Πανεπιστήμιο και διεθνείς σχέσεις: οι έδρες των ξένων φιλολογιών στον 20ο αιώνα. Λουκία Ευθυμίου, Νικόλας Μανιτάκης. Αθήνα: ΙΑΠΑ-ΕΚΠΑ; Forthcoming.Abstract
Η μελέτη, η οποία βασίζεται σε τεκμηριωτικό υλικό που συγκεντρώθηκε από τα αρχειακά κέντρα των Υπουργείων εξωτερικών της Ελλάδας και της Γαλλίας, του Πανεπιστημίου Αθηνών και της Φιλοσοφικής Σχολής Αθηνών, αποπειράται να ανασυστήσει την ιστορία της πανεπιστημιακής έδρας γαλλικής φιλολογίας από την πρώτη, χρονολογικά, σχετική θεσμική υλοποίηση του 1933 μέχρι τη δημιουργία πανεπιστημιακών τμημάτων γαλλικών σπουδών, κατά την πρώτη μεταπολεμική δεκαετία. Επιχειρεί επίσης να δείξει πως ο πανεπιστημιακός αυτός θεσμός δεν συνδιαλέγεται μόνο με την ελληνική εκπαιδευτική και πολιτική συγκυρία: η ανάμειξη γαλλικών πολιτιστικών ιδρυμάτων επιβάλλει τη διεύρυνση του πεδίου παρατήρησης και σε εκείνο της πολιτιστικής διπλωματίας προκειμένου να φωτιστούν πληρέστερα όψεις που εν τέλει συνδιαμορφώνουν τη φυσιογνωμία του. Ο προβληματισμός επικεντρώνεται, καταρχάς, στις πολιτικές συνεργασίας των εμπλεκόμενων γαλλικών και ελληνικών εκπαιδευτικών ιδρυμάτων για την προώθηση του ζητήματος ή, αντίθετα, στις στρατηγικές που χρησιμοποιήθηκαν με στόχο την εγκατάλειψη αυτού του θεσμικού εγχειρήματος. Διερευνώνται, επίσης, τα δομικά χαρακτηριστικά σε επίπεδο στόχων, προσανατολισμού και οργάνωσης του θεσμού, τα οποία είναι άμεσα συναρτημένα με τις επιδιώξεις των συμβαλλόμενων μερών. Στο πλαίσιο αυτό, ερμηνευτικά σχήματα, όπως το μεταβαλλόμενο από τη συνεργασία στην αντιπαλότητα και από την εξάρτηση στην αυτονόμηση πλέγμα σχέσεων, επιτρέπουν τη βαθύτερη κατανόηση των θεσμικών κατακτήσεων ή/και αντιστάσεων.
Efthymiou L. Paris en guerre : mutations de l'espace urbain au prisme du genre pendant la Grande Guerre. In: Ευρωπαϊκές πόλεις σε κρίση. Από τον Μεσαίωνα μέχρι σήμερα. Αθήνα: Ηρόδοτος; 2022. pp. 355-367.Abstract
Paris in War: urban space mutations, through the prism of gender, during the Great War A city on the sidelines that records the echoes of, an often, distant conflict, Paris sees its physiognomy going through an alteration during the First World War. The mass exodoi of September 1914 and May 1918, the material disasters caused by the air raids of the Gothas, and the constant ‘hammerings’ of “Fat Bertha” from land between Mars and August 1918[1], the return of the wounded, all inscribe themselves on the urban landscape of the capital marking it in an unprecedented manner. But what changes the cityscape more drastically is the predominance of a feminization of the area which manifests itself with the geographical reorganization of the professional territory. This reconfiguration breaks up boundaries and partitions and renders the traditional space and gender dichotomies and polarizations obsolete. In turn, this restructuring imposes on figures of urban authority a new approach to public space, with a view to enforce new rules and frameworks on the multifaceted and ongoing evolutions. The current work, that stems from the issue of the ‘city in crisis’, proposes a discovery, through the Parisian example of 1914-1918, of the complicated nature-inherent with a gendered perspective-of a global vision that unites war, space and gender visibility. This is about demonstrating how the interaction of these two tools for the evaluation of mutations-the crisis and gender-functions as a cadre of transversal comprehension and interpretation of the urban dynamics and tensions that could potentially enrich and renew the history of cities. Therefore, the scope of the current project cannot be but multiple: to discover the innovation and the gendered professional geography (exercise of functions and professions that have traditionally and exclusively been reserved for males); to examine the interventional policies (recommendations, laws, ministerial circulars and work realized by feminist and charity associations) that have to do, in part, with regulating, organizing and finally normalizing this new spatial reality with multiple repercussions, and, on the other hand, to guarantee its temporary character that is associated with the anomaly of the moment; lastly, it interrogates a-pro-birth, hygienic and political-discourse according to which the construction of the peaceful city rests on the reestablishment of gender separated and dedicated places.
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Μεταξύ Μύθου και Ιστορίας: η δραματουργός, φιλόσοφος και φεμινίστρια Ολέμπ ντε Γκουζ. In: Olympe de Gouges, Ο Φιλόσοφος παίρνει το μάθημά του ή Ο κατά φαντασίαν κερατάς. Αθήνα: Εύμαρος; 2021. pp. 5-45.
Efthymiou L. L'École normale supérieure de Sèvres : naissance, évolutions, mutations d'une institution de formation professorale féminine sous la IIIe République. In: Femmes et le Savoir. Women and Knowledge. Frauen und Wissen. Collectif. Paris: Éditions Classiques Garnier; 2020. pp. 89-103. Publisher's VersionAbstract
En 1880 fut votée en France la loi relative à la création par l’État de l’enseignement secondaire de jeunes filles. Se posa dès lors la question du sexe du personnel qui allait se charger de l’enseignement dans les nouveaux établissements féminins. Dans son rapport de 1880 à la Chambre, Camille Sée, promoteur de l’œuvre, suggérait : « À mesure qu’il se présentera des femmes capables de donner l’enseignement, on devra les préférer et cela pour deux raisons : toutes les carrières sont fermées à la femme […] ; […] nous trouvons chez elle des qualités que nous chercherons en vain chez l’homme ». Par cette proposition le député républicain demandait, en substance, l’ouverture d’une nouvelle carrière intellectuelle pour les femmes. Son intervention impliquait, en même temps, néanmoins, la suppression d’un monopole masculin : le métier de professeur, étroitement associé au savoir et, subséquemment, à la raison et à l’abstraction, était, jusque-là, réservé « par nature » aux hommes. L’invention du « professeur femme » par la Troisième République se fit dans le cadre d’une entreprise de large envergure visant à la laïcisation de l’enseignement. Concrètement, ce nouveau corps féminin devait être investi de la mission d’arracher les jeunes bourgeoises, futures épouses et mères, à l’influence de l’Église. Sous ce rapport, des républicains, soucieux de ne point nuire au succès d’une œuvre si importante à leurs yeux pour la stabilité du régime même, s’employèrent, d’une part, à faire intégrer cette nouvelle figure de professionnelle à la norme féminine en la dotant des qualités de chasteté, de dévouement et d’abnégation caractérisant la religieuse qu’elle était appelée à remplacer dans le domaine de l’éducation des filles ; à lui procurer, d’autre part, une formation spécifique, adéquate à ses fonctions dans les nouveaux lycées féminins. Le but était, tout d’abord, de préparer les futures professeures à leurs responsabilités morales ; de leur donner, ensuite, accès à un savoir supérieur, certes, mais ayant tout de même un genre. Pour répondre à ces impératifs, les républicains fondèrent en 1881 à Sèvres une École normale supérieure, pendant féminin de celle qui fonctionnait pour les jeunes hommes, depuis le début du XIXe siècle, rue d’Ulm. Le présent traavail se propose de reconstituer – à travers l’étude de textes administratifs, de la presse spécialisée et associative de l’époque et de témoignages autobiographiques – la première grande étape de l’histoire fascinante de ce temple du savoir féminin sous la Troisième République.  L’accent est mis en particulier sur l’évolution des finalités d’une formation destinée à des femmes, sur les mutations du genre dans les programmes d’études et sur l’organisation des concours. Enfin, sont examinées les avancées vers l’assimilation avec la formation des professeurs hommes. The present work proposes to reconstruct the first major stage in the fascinating history of the École Normale Supérieure for young girls which took place in Sèvres itself. Particular emphasis is placed on the evolution of the aims of training for women, gender changes in curricula and in the organization of national competitions for professors. Finally, the progress towards assimilation with the training of male professors is examined.  
Efthymiou L. Mémoire-s de guerre, images de résistantes : des professeures au service de la France pendant la Saconde Guerre mondiale. In: Götzendämmerung – Crépuscule des idoles. Seconde Guerre mondiale dans la mémoire collective : Littérature, Art, Histoire. Gislinde Seybert. Frankfurt: Peter Lang; 2017. pp. 515-529. Publisher's VersionAbstract
Malgré quarante années d’une recherche féconde autant que chaotique, l’histoire de la participation féminine à la Résistance française vue d’en bas recèle encore ses zones d’ombre. Le présent travail se propose d’en apporter un éclairage particulier sur un aspect spécifique mais non moins important pour appréhender la diversité de la contribution de femmes en guerre : sa composante universitaire. Intimement liée aux notions de devoir et de transgression, d’héroïsme et de modestie, de transmission et de mémoire, la mobilisation des professeures de l’enseignement secondaire contre l’ennemi, abordée ici par le biais des récits chargés de véhiculer son souvenir, est notamment intéressante par les paradoxes qu’elle engendre et la dimension supplémentaire qu’elle comporte : la « résistance de l’esprit ». L’ambition du propos est multiple : montrer, tout d’abord, à travers l’approche genrée d’un cas particulier et la spécificité d’une situation professionnelle, la complexité de l’histoire de l’engagement et du sacrifice féminin en temps de guerre et, par là même, suggérer une clé de lecture complémentaire du phénomène résistant ; ouvrir, ensuite, un questionnement sur les enjeux de mémoire au moyen d’un fonds mémoriel enrichi et diversifié au fil des ans ; dégager, enfin, des figures héroïques toutes auréolées du sacrifice accompli et tenter de saisir la complexité identitaire des professeures patriotes. L’histoire de la mémoire rejoint ainsi dans ce propos celle des représentations.
Δαλακούρα Κ, Χατζηστεφανίδου Σ, Χουρδάκης Α. Η ιστορία της κατάρτισης εκπαιδευτικών ξένων γλωσσών στην Ελλάδα: ένα από τα ανοικτά ζητήματα στην ιστοριογραφία της ελληνικής εκπαίδευσης. In: Ιστοριογραφία της ελληνικής εκπαίδευσης. Επανεκτιμήσεις και προοπτικές. Ρέθυμνο: Εκδόσεις Φιλοσοφικής Σχολής Κρήτης; 2015. pp. 445-472. Publisher's VersionAbstract
Το ζήτημα της κατάρτισης του διδακτικού προσωπικού δευτεροβάθμιας εκπαίδευσης είναιευρύ και πολυεπίπεδο. Στην Ελλάδα, έχει απασχολήσει κυρίως την παιδαγωγική καικοινωνιολογική έρευνα, απότοκο της οποίας είναι μια πλούσια βιβλιογραφική παραγωγή. Οιιστορικές προσεγγίσεις, πιο περιορισμένες σε αριθμό, συνδέονται σε μεγάλο βαθμό με τηνπανεπιστημιακή ιστοριογραφία. Αυτή η τελευταία εστιάζει κυρίως στη μελέτη τουπανεπιστημιακού θεσμού με κύριους άξονες τη λειτουργία του, τη συμβολή του στο δημόσιοβίο, τη φυσιογνωμία του διδακτικού προσωπικoύ, τη σύνθεση του φοιτητικού πληθυσμού˙εξετάζει επίσης, αν και σπανιότερα, την έμφυλη διάσταση της ιστορίας του. Ειδικότερα, οιμελέτες που ερευνούν επιμέρους καθηγητικές σχολές θέτουν στο επίκεντρο κυρίως ζητήματαπου αφορούν στην εκπαιδευτική λειτουργία, όπως είναι η συγκρότηση γνωστικώναντικειμένων, τα προγράμματα σπουδών, η φιλοσοφία τους και ο ρόλος τους στηδιαμόρφωση της εθνικής ιδεολογίας, οι μέθοδοι διδασκαλίας.Παρά τη γονιμότητα αυτής της ιστοριογραφικής δραστηριότητας, υπάρχουν πλευρές τηςιστορικής πορείας του ελληνικού πανεπιστημιακού θεσμού, που παραμένουν ανεξερεύνητες.Η εργασία αυτή αφορά σε ένα ζήτημα ανοικτό: την κατάρτιση των εκπαιδευτικών ξένης γλώσσας. Στην ελληνικήβιβλιογραφία, η ιστορία της εκπαίδευσης των καθηγητών αυτής της ειδικότητας αγνοείταιαπό τη μεγάλη πλειοψηφία των ευρύτερων ερευνών της ιστορίας της εκπαίδευσης. Θίγεταιδε, εκτός ελαχίστων εξαιρέσεων, σε πολύ περιορισμένο βαθμό και εξαιρετικάαποσπασματικά σε μελέτες με κύριο αντικείμενο τη διδασκαλία των ξένων γλωσσών στηδημόσια δευτεροβάθμια ή τριτοβάθμια ελληνική εκπαίδευση.Η σχετική απουσία του ιστορικού ενδιαφέροντος για το θέμα ίσως συνδέεται με τηνιδιαιτερότητα που παρουσιάζει στην Ελλάδα η συγκρότηση των ξένων φιλολογιών καιπολιτισμών σε γνωστικό αντικείμενο πανεπιστημιακών σπουδών. Αυτή αποτυπώνεται στησχετικά πρόσφατη (εκκινώντας από τη δεκαετία του 1950) δημιουργία στη ΦιλοσοφικήΣχολή των Πανεπιστημίων Αθηνών και Θεσσαλονίκης ειδικών τμημάτων γι αυτό το σκοπό.Η καθυστέρηση/υστέρηση αυτή, αν και δεν αποτελεί ελληνική ιδιοτυπία, ξαφνιάζειδεδομένου ότι η γαλλική γλώσσα διδάσκεται στα δημόσια Ελληνικά σχολεία και Γυμνάσιαήδη από την ίδρυση του ελληνικού κράτους, η δε αγγλική και γερμανική, ουσιαστικά από τιςαρχές του 20ού αιώνα, στις εμπορικές κυρίως σχολές. Όμως ακριβώς επειδή οισυγκεκριμένες σπουδές άργησαν να ενταχθούν στον ακαδημαϊκό χώρο, η ιστορία τηςεκπαίδευσης του αντίστοιχου διδακτικού προσωπικού υπερβαίνει τα όρια εκείνης τουπανεπιστημίου καθότι, ανάλογα με την περίοδο που κάθε φορά εξετάζεται, διαμορφώνεται ήσυνδιαμορφώνεται από φορείς εξωπανεπιστημιακούς και μάλιστα ετεροεθνείς. Επομένως,δεδομένης της εμπλοκής ξένων εκπαιδευτικών ιδρυμάτων στην κατάρτιση Ελλήνωνδημοσίων λειτουργών, η γένεση του ζητήματος της επαγγελματικής μόρφωσης τωνκαθηγητών/τριών αυτής της ειδικότητας και η θεσμική πορεία του συνδιαλέγονται άμεσα μετην ευρύτερη πολιτική και διπλωματική συγκυρία. Η ιστορία της δημιουργίαςσυγκροτημένων δομών προετοιμασίας για τη διδασκαλία ξένων γλωσσών στη δημόσιαεκπαίδευση, στο μέτρο που συνδέεται κατ’ έναν τρόπο με τις έμφυλες μεταβολές πουπαρατηρούνται στη σύνθεση του συγκεκριμένου καθηγητικού σώματος, επιδέχεται και μίαακόμη ανάγνωση, η οποία προσδίδει μια επιπλέον διάσταση στο ζήτημα, εκείνης του φύλου.Στόχος της παρούσας εισήγησης είναι η οριοθέτηση ενός πολυδιάστατου πεδίου έρευνας, πουεγγράφεται, λοιπόν, στα όρια της ιστορίας της εκπαίδευσης, της διπλωματικής ιστορίας αλλάκαι εκείνης του φύλου. Η τριπλή αυτή προσέγγιση υπαγορεύεται από την αναγκαιότηταδιεύρυνσης και σε άλλους ερευνητικούς χώρους του πεδίου παρατήρησης ενός ζητήματοςπου εντάσσεται, βέβαια, καταρχήν, στο πλαίσιο της ελληνικής πανεπιστημιακής ιστορίας.Αναδεικνύει δε την πολλαπλότητα των επιπέδων της ιστορικής ανάλυσης και επιτρέπει τηνεισαγωγή μεθοδολογικών και ερμηνευτικών εργαλείων από διαφορετικά πεδία της ιστορικήςέρευνας. Σε αυτό το πλαίσιο, επιδιώκεται μια πρώτη ιστοριογραφική καταγραφή˙ μιααποτίμηση, τέλος, των προοπτικών-οπτικών που ανοίγονται για την έρευνα στην ιστορία τηςεκπαίδευσης.
Témoignages de professeures mobilisées : aspects genrés d'une histoire de l'intime durant la Grande Guerre en France. In: Misères de l'héroïsme. La Première Guerre mondiale dans la mémoire intellectuelle, littéraire et artistique des cultures européennes. Vol. t. II. Gislinde Seybert, Thomas Stauder . Frankfurt: Peter Lang; 2013. pp. 857-871. Publisher's VersionAbstract
Ce travail ambitionne à travers l’étude du cas des missions assignées par l’État français aux professeures du secondaire entre 1914 et 1918 de privilégier une vision bisexuée de l’histoire de la Grande Guerre : ces « missions » universitaires qui revêtent deux formes (mobilisation des énergies dans l’effort de guerre et délégation de professeures dans les établissements secondaires masculins) ont contribué à décloisonner des espaces d’homosociabilité, à créer aussi une nouvelle dynamique au sein des identités sexuées. L’étude, fondée sur les textes autobiographiques de deux professeures du secondaire, Jeanne Glatron et Jeanne Galzy/Baraduc, tente, à l’intersection de l’individuel et du social, de lancer une réflexion sur un moment extra-ordinaire de la condition professorale féminine ; de proposer encore, par le recours à des sources plus traditionnelles de l’histoire mais tout autant indicatrices du basculement qui s’y est produit entre 1914 et 1918, un regard pluriel sur cette expérience de femmes en guerre. Ainsi, la première partie met en valeur le vécu, les expériences, la participation active à l’effort commun, le dévouement de ces deux enseignantes mobilisées la première en zone occupée et la seconde dans un lycée de garçons du Sud de la France. La deuxième traite d’un affrontement qui évolue parallèlement à l’affrontement militaire : il oppose les deux sexes sur un autre front, celui d’une classe de garçons. De ces témoignages de civiles dans la tourmente émerge la figure de la fonctionnaire fidèle certes au service de l’ordre établi, mais transfigurée, en même temps, par la nouvelle expérience en symbole de la fluidité des identités sexuées.
Efthymiou L. Genre, discours et engagement chez Elsa Triolet. In: L'identité féminine dans l'œuvre d'Elsa Triolet. Thomas Stauder . Tübingen: Éditions Lendemains; 2011. pp. 223-235. Publisher's VersionAbstract
Cette contribution au volume consacré à l’identité féminine dans l’oeuvre d’Elsa Triolet tente de décrypter la pensée « féministe » de l’auteure à travers ses écrits personnels et autobiographiques, ses articles et reportages, les discours également prononcés dans le cadre des manifestations organisées par l’Union des Femmes Françaises. Dans une première partie sont examinées ses conceptions sur les rapports des sexes. Triolet réfute haut et fort la supériorité des hommes sur les femmes et condamne la ségrégation des sexes. Selon l’auteure l’être humain n’est pas fait que de « féminin » ou que de « masculin ». La société devrait être donc construite à l’image de cet être mixte : elle prône alors un univers bisexué, un langage aussi dans lequel les deux sexes seraient visibles. Pour y arriver, elle invite à un « féminisme individuel », un féminisme quotidien. C’est qu’elle rejette l’idée de la mobilisation collective des femmes : à son sens, cette forme de lutte représente une autre manifestation du « ghetto » qu’elle abhorre. Fidèle à ces convictions, elle choisit de promouvoir des causes qui s’inscrivent dans le cadre plus large de l’action des intellectuelles de gauche proches du PCF. Dans la deuxième partie, il est question de son engagement dans la Résistance. Au cours de cette période de sa vie, Triolet se soumet en apparence à la répartition sexuée des rôles. Le « je » féminin recouvre ses droits dans ses seuls écrits portant sur cette période : moment transitionnel, la guerre bouleverse les équilibres et les assignations, brouille les identités. Ces textes participent ainsi à la construction d’une mémoire communiste de la Résistance au féminin. La troisième partie est consacrée au combat de Triolet, compagnon de route du PCF, contre l’invasion d’une culture américaine en France. En pleine guerre froide, l’auteure ne dissocie pas la lutte en faveur d’une littérature « progressiste » de celle pour la paix : les femmes pourraient contribuer à la propagation de cette culture, seule arme contre la guerre. Fidèle à la ligne du Parti, elle ne cesse de valoriser - quand l’Union des Femmes Françaises fait appel à elle – cet aspect du rôle social féminin. Pour expliquer la propension des hommes à la guerre, elle a recours au schéma nature/culture : elle considère que seule la paix est conforme à la nature des deux sexes, le bellicisme étant ainsi présenté comme une construction sociale ; or, la nature masculine n’est pas perméable au conditionnement social, d’où la supériorité naturelle des femmes dont la présence dans la sphère publique constitue, de ce fait, une condition indispensable au progrès humain.L’errance à travers les textes d’Elsa Triolet conduit donc à la constatation que sa pensée « féministe » se forme sous le signe de la contradiction due aussi à son appartenance politique : adhésion à un féminisme de l’égalité dans son discours introspectif mais, dans la sphère publique, promotion du différentialisme sexuel ; lutte individuelle pour l’égalité avec les hommes et, parallèlement, rejet d’une action féministe collective au nom d’une société mixte et égalitaire.
Efthymiou L. Sexe, genre et histoire : visibilité des sexes et représentation des genres dans les manuels d'histoire francophones du secondaire québécois (1980-2004). In: Femmes et genre dans l’enseignement : création(s), corps, espace(s). Nicole Lucas, Vincent Marie. Paris: Editions Le Manuscrit Université; 2009. pp. 45-70. Publisher's VersionAbstract
Cette étude fut élaborée dans le cadre d’une bourse de recherche du gouvernement canadien (Canadian Studies Faculty Enrichment Award) et s’appuie sur un matériel récolté dans divers centres de recherche (Bibliothèque nationale du Québec à Montréal, Bibliothèque des sciences humaines et sociales de l’université Laval, Centre de documentation de la Centrale de l’enseignement du Québec) et organismes québécois (Centre de documentation et Coordination à la condition féminine au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport). La recherche ambitionne de combler un vide historiographique : au Québec, une des régions les plus progressistes de la francophonie en matière d’égalité des sexes et de parité, le champ d’investigation des représentations des sexes et du genre dans les manuels scolaires du secondaire est encore inexploré.L’étude porte plus précisément sur les manuels d’histoire des deux dernières classes de l’enseignement secondaire en usage entre 1980 et 2004. Pourquoi des manuels du second cycle du secondaire ? Dépourvus des stéréotypes trop voyants rencontrés parfois dans les manuels de l’école primaire, ils se prêtent plus facilement à l’analyse. Pourquoi des manuels si récents ? Compte tenu de la mission civique dont ils sont investis, l’examen de ces ouvrages permet d’interroger un avenir en train de s’inventer. La démarche méthodologique adoptée est à la fois quantitative et qualitative : constituer un corpus de notations sexuées afin d’examiner la place de chaque sexe dans l’histoire scolaire québécoise ; comparative également : il s’agit de mettre en évidence tant les évolutions advenues au cours de vingt-cinq ans que les lignes de force communes et les disparités entre manuels.Deux axes se profilent : l’examen des sources imprimées (programmes d’études, manuels) qui révèle un certain progrès de la place accordée au sexe féminin dans l’espace historique ; la proposition d’une relecture de deux périodes historiques fondée sur les apports des spécialistes de l’histoire des femmes et du genre, afin de repérer les vides laissés dans le récit historique : il s’agit des XVIIe et XVIIIe siècles (étude de l’histoire de la colonie française de la Nouvelle-France) d’une part, de la période de l’entre-deux-guerres (étude de l’histoire de France), d’autre part. L’étude des chapitres correspondants des manuels québécois révèle que l’action des individus est largement mesurée à l’aune des structures du pouvoir interprétées au masculin ; les femmes, n’étant pas toujours concernées par cet aspect de l’histoire, restent souvent invisibles.
Efthymiou L. Les voies du voyage chez Simone de Beauvoir et quelques autres universitaires. In: Simone de Beauvoir cent ans après sa naissance, Contributions interdisciplinaires de cinq continents. Thomas Stauder . Tübingen: Gunter Narr Verlag; 2008. Publisher's VersionAbstract
Cette étude ambitionne d’éclairer un aspect de la voie singulière tracée par Simone de Beauvoir au sein de l’Université où elle fut professeure de philosophie entre 1931 et 1941 : l’acte de voyager. La réflexion proposée tente d’inscrire les voyages beauvoiriens « outre France » (1931-1938) dans le contexte plus vaste de l’expérience viatique d’avant-guerre des enseignantes du secondaire, afin de mettre en évidence le caractère spécifique des pérégrinations de cette professeure de passage. Dans cette perspective, le récit viatique de Beauvoir incorporé dans son oeuvre autobiographique La force de l’âge (avec des renvois à sa correspondance personnelle avec Jean Paul Sartre et Jacques-Laurent Bost): est étudié en confrontation avec les textes de six enseignantes et anciennes Sévriennes publiés entre 1938 et 1934 dans le Bulletin de l’Association des élèves et anciennes élèves de Sèvres.Compte tenu de l’hétérogénéité relative du corpus, de la pluralité des discours et de la diversité des voix qui interviennent en chassé-croisé, cette analyse comparative permet de faire surgir l’originalité du récit de Simone de Beauvoir. Les textes des six Sévriennes transmis au sein d’un réseau universitaire ont clairement un but pédagogique : en privilégiant une approche de l’altérité qui respecte le discours hégémonique de l'époque, ils visent en premier lieu à informer, à instruire sinon à inciter au voyage. Leurs auteurs font ainsi de l’acte d’écrire un acte social. À l’opposé, la narration de Simone de Beauvoir relate un voyage individuel dont le but est la recherche d’un bonheur égoïste à travers la découverte d’un monde culturellement et socialement différent. L’acte de publicité est dans une optique d’utilité sociale entièrement gratuit : il s’agit d’un acte de création littéraire à travers lequel est assouvi encore une fois un besoin personnel.
Book
Efthymiou L. Eugénie Cotton (1881-1967). Histoires d'une vie - Histoires d'un siècle. EUE; 2019 pp.459. Biographie historique retenue pour la liste restreinte du «Ida Blom–Karen Offen Prize in Transnational Women’s and Gender History» (2020) de l’International Federation for Research in Women's History; 2019.
Je fais partie de ceux qui aiment la vie. J’ai eu le bonheur d’avoir de bons parents, de fonder une famille heureuse... Toute ma vie, j’ai travaillé à des tâches passionnantes : j’ai aimé mes études, j’ai fait avec joie de l’enseignement et de la recherche... Je ne cesse de m’intéresser à la vie du monde, à la promotion de la femme, au maintien de la paix. Je fais confiance aux possibilités de l’homme et je crois au progrès. Je ne demande qu’à travailler, c’est-à-dire à vivre jusqu’à l’extinction de mes forces. Itinéraire de vie singulier que celui d’Eugénie Cotton. Il s’étend sur deux siècles et trois Républiques, traverse deux grandes guerres, connaît l’âge d’or et l’écroulement d’un Empire colonial. Scientifique et intellectuelle, Cotton pénétra, au début du XXe siècle, dans des territoires perçus alors comme exclusivement masculins. Femme de tête sous le Front populaire, elle réforma l’École normale supérieure de jeunes filles. Dirigeante en pleine guerre froide de grandes organisations procommunistes, féminines ou mixtes, elle fut partie prenante d’un univers à la fois international et transnational de luttes sociales, politiques et féministes. Autant d’histoires d’une vie et d’un siècle racontées « à la manière d’une passionnante enquête ».
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Efthymiou L. Les crises de la France des Lumières. Paris: L'Harmattan; 2017 pp. 263. Publisher's VersionAbstract
L'ouvrage nous invite à revisiter le xviiie siècle sous un prisme très actuel : celui du changement et de la rupture. Inventeur de notre modernité, le siècle des Lumières est en effet un temps important de transition de l’histoire occidentale : traversé de tensions, de conflits et de contradictions, il marque le passage d’un monde qui se voulait stable et cohérent à un autre porteur de mouvement et, de ce fait, de changement. Institutions et structures traditionnelles, valeurs et principes séculaires, tout est remis en cause par l’affirmation de nouvelles dynamiques économiques, sociales et politiques ainsi que par une effervescence intellectuelle, culturelle et morale inédite. Ce livre pourrait autant s’avérer utile à un public étudiant qu’intéresser un lectorat plus large, féru d’histoire et intrigué par les enjeux d’un passé lointain, notamment quand ceux-ci semblent, dans le contexte de crise civilisationnelle de notre ère, se projeter dans un avenir en train de s’inventer.Compte renduhttps://www.gregoiredetours.fr/epoque-moderne/lumieres/loukia-efthymiou-les-crises-de-la-france-des-lumieres/
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Efthymiou L. La Formation des francisants en Grèce : 1836-1982. Préface de Michelle Perrot. Paris: Publibook; 2015 pp. 420. Publisher's VersionAbstract
Multidimensionnelle, l’histoire de la formation des francisants en Grècel’est incontestablement. Elle n’est pas que hellénique : elle articule lenational et l’international.Elle déborde également le cadre d’un simple épisode d’histoire universitaireet allie inextricablement le culturel au politique, le symbolique au matériel.C’est encore une histoire d’hommes et de femmes, de passeurs de cultureaussi. Relevant le défi posé, ce livre s’engage dans les méandres despéripéties d’une institution en devenir.Quelque cent cinquante ans d’une histoire de la formation des francisantsen Grèce sont ici explorés et analysés, au fi l d’une étude qui dépasse le seulcadre pédagogique, et s’étend aux champs de la politique, de la diplomatieou encore du genre. Fruit d’un long travail de recherche, de documentationet de synthèse, cet essai, rigoureux et exemplaire dans sa progression, authème inédit et inspirant, interroge avec perspicacité les phases, acteurs ettensions d’une histoire méconnue.Comptes rendus1. https://journals.openedition.org/dhfles/42542. https://journals.openedition.org/histoire-education/4074
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Ευθυμίου Λουκία, Μενεγάκη Μαρία. Όταν οι γυναίκες της Γαλλίας αναζητούσαν το όνομα.. ή γιατί η γλώσσα τις ήθελε αόρατες. Αθήνα: Εκδόσεις Λιβάνη; 2009 pp. 223. Publisher's VersionAbstract
Ce travail, élaboré dans le cadre d’une recherche amorcée en 2004 et financée à partir de 2008 par le programme de recherche universitaire « Kapodistrias », est composé d’une Introduction, de trois parties divisées chacune en sept chapitres, d’un Épilogue et de deux Annexes.Dans l’Introduction (p. 17-21) est délimité le champ de réflexion, sont définis les principaux axes et fixées les limites chronologiques de l’étude. Plus précisément ce travail se donne pour propos d’étudier, dans une perspective historique, l’adaptation du système de la langue aux exigences qu’a fait surgir l’entrée progressive des femmes dans la sphère publique et notamment dans la vie professionnelle et politique. Point de départ de la réflexion, la thèse selon laquelle la langue constitue un vecteur privilégié de débats et de conflits idéologiques. Véhicule de stéréotypes et de préjugés sociaux, elle dévoile la naturelle culturelle et institutionnelle des rapports de pouvoirs inégalitaires entre les sexes ; de ce fait, elle joue un rôle actif dans le processus de construction identitaire, de formation également de la conscience de genre. La perspective chronologique commande la structure de la présente étude. Chacune de ses trois parties est centrée autour d’un temps fort de l’histoire en question.Première partie : « La naissance de la question : de la Révolution française à la IIIe République » (p. 23-61). En prenant comme point de départ de l’analyse la Révolution française, cette partie qui se divise en trois chapitres, s’étend jusqu’au milieu de la IIIe République. Chapitre I : « La Révolution française et les droits de la femme » (p. 25-31). Dans un premier temps, l’intérêt se porte ici principalement sur Olympe de Gouges. Par son action et surtout par son texte subversif de 1791, la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne », cette dernière met en évidence le piège du masculin universel et conteste l’oecuménisme de la Déclaration de 1789. Ensuite, l’analyse s’intéresse à la théorie sociale de Charles Fourier. Celui-ci, conscient du rapport étroit entre égalité sociale et politique des sexes, d’une part, et visibilité du féminin au niveau linguistique, d’autre part, prend soin de créer des noms féminins pour toutes les fonctions et professions exercées au sein de la nouvelle société qu’il préconise. Chapitre II : « L’éveil de la conscience féminine collective : 1830-1848 » (p. 32-44). La période de la Monarchie de Juillet, marquée par l’action des saint-simoniennes et de Flora Tristan constitue également un moment important de cette histoire. Flora Tristan, en particulier, convaincue que l’émancipation de son sexe est intrinsèquement liée à sa visibilité dans la langue, utilise, en pleine conscience, dans ses textes les deux genres grammaticaux. Elle considère qu’en nommant les femmes, elle contribue à l’évolution des mentalités et au progrès de la société et de ses lois. L’année 1848 constitue un autre moment clé dans l’évolution de la question. L’institution, sous la IIe République, d’un « suffrage universel » excluant pourtant les femmes constitue le catalyseur qui provoque la rixe avec le socialisme et le mouvement ouvrier. Les saint-simoniennes, dont Jeanne Deroin, impliquées activement dans le débat ouvert recourent constamment à l’arsenal linguistique légué par leurs devancières. Chapitre III : « Préoccupations féministes et questions linguistiques à la fin du XIXe siècle » (p. 45-61). Ce chapitre divisé en trois unités examine le tournant survenu aux débuts de la IIIe République : c’est le moment où des liens entre féminisation des emplois et féminisation des noms se tissent. Des féministes de la première vague (Maria Deraismes, Marie-Louise Gagneur, Hubertine Auclert) associent explicitement l’égalité professionnelle et politique à la féminisation des noms de métiers et de fonctions. Elles développent les arguments de leurs devancières pour démanteler la théorie du « masculin universel » : elles soulignent la dimension sociale de la grammaire et contestent ouvertement les prises de position avancées par les membres de l’Académie française et par certains journalistes. Pour elles, l’inégalité dans la langue s’inscrit dans la culture et les institutions d’un pays. Deuxième partie : « L’évolution de la question au XXe siècle » (p. 63-102). Au cours de cette période, la féminisation de la langue cesse de constituer une affaire de penseurs sociaux et devient objet d’étude de la science linguistique nouvellement fondée. Elle préoccupe d’abord les grammairiens, puis, après 1975, les linguistes féministes. Cette partie est composée de deux chapitres. Chapitre IV : « Les grammaires françaises » (p. 65-80). Ce chapitre, divisé en deux unités, porte sur un certain nombre d’essais de grammaire publiés surtout au XXe siècle. En fonction de la prise de position de leurs auteurs, deux sont les tendances principales qui se dessinent. La première unité examine, entre autres, les essais de Cyprien Ayer (1876), d’Arsène Darmsteter (1925-1926), Maurice Grevisse (1939) qui, en invoquant l’impératif du « bon usage », soit proposent la stricte utilisation du genre masculin même pour les métiers exercées par des femmes soit se limitent à inventorier les différentes formes du féminin. De ces classifications résulte une multitude d’exceptions. La deuxième unité fait état des thèses des représentants progressistes des sciences du langage (Edouard Pichon et Jacques Damourette – 1911-1927-, Ferdiand Brunot – 1909 - et Albert Dauzat - 1954) qui en tenant compte des acquis sociaux et professionnels des femmes, proposent des féminins pour rendre ces dernières visibles dans la langue. Ces spécialistes signalent surtout le rôle de frein pour la féminisation de la langue que jouent des facteurs d’ordre psychologique : notamment le désir de certaines femmes de s’identifier sur le plan de la langue au sexe masculin, ce qui automatiquement occulte leurs conquêtes professionnelles et sociales – si elle ne les remet pas en cause. Chapitre V I « La contestation du principe de la prééminence du genre masculin » (p. 81-102). Ce chapitre tente de mettre en relief le rôle important joué par les linguistes féministes dans la promotion de la parité linguistique. Leurs travaux, qui commencent à être publiés à la fin des années 1970, décennie féministe par excellence, portent surtout sur la question de la disparition du sexe féminin derrière le genre grammatical masculin, sur la dissymétrie également des règles grammaticales quant à l’accord en genre. L’analyse insiste sur les théories de trois linguistes : Marina Yaguello, Anne-Marie Houdebine-Gravaud et Edwige Kaznadhar. Celles-ci avancent l’argument que la langue est un « miroir culturel qui fixe les représentations symboliques et se fait l’écho des préjugés et des stéréotypes » ; elles soulignent ainsi la dimension sociale de la question, d’où l’importance de l’instruction et notamment de l’enseignement de la grammaire dans la construction d’identités de genre. À l’exception de Marina Yaguello, qui sur certains points adopte des positions plus conservatrices, elles mettent en cause la théorie du masculin générique et procèdent à la déstructuration de l’image sexiste du monde : elles soulignent que l’être humain n’est pas neutre, mais a un sexe, masculin ou féminin, ce qui oblige à utiliser le genre grammatical correspondant. Vu la souplesse de la langue française, elles considèrent que celle-ci peut exprimer, sans difficultés, le nouvel ordre social et politique.La troisième partie, « Vers une politique de la parité linguistique » (p. 103-149), rend compte de l’intervention des pouvoirs publics en matière de féminisation linguistique au cours des dernières décennies du XXe siècle et examine le degré d’efficacité des politiques élaborées en la matière. Cette partie est composée de deux chapitres.Le chapitre VI, « Politiques linguistiques en France et dans d’autres pays de la francophonie (p. 105-129) comprend deux unités thématiques. La première porte sur la planification et la mise en oeuvre d’une réforme linguistique en France. On y distingue deux phases. Au milieu des années 1980, est créée, à l’instigation d’Yvette Roudy, une commission de terminologie chargée, sous la présidence de l’écrivaine Benoîte Groult, de former ou de remettre en usage les féminins de noms de métier, fonction ou titres ; cette initiative s’inscrit dans le dispositif en faveur de l’égalité professionnelle : la féminisation est ainsi présentée comme un outil contre le sexisme. Elle déclenche une vive controverse entre partisans de la réforme et Académie française soutenue par une large partie de la presse. Les travaux de la commission aboutissent à la circulaire de 1986 qui ne fut pas pourtant appliquée. La valeur symbolique du texte n’en est pas moins grande. Il a fallu que la dynamique paritaire progresse pour que la réforme prenne corps, une décennie plus tard, avec la publication d’une nouvelle circulaire en 1998 : cette évolution est surtout le résultat de la pression exercée par des femmes, membres du gouvernement Jospin. La deuxième unité du présent chapitre porte sur les interinfluences entre la France et les autres régions de la francophonie concernant la question de la féminisation de la langue. La recherche effectuée montra, enfin, que la circulaire de 1986 constitua le point de référence des initiatives entreprises dans cette direction par l’Union européenne et l’Unesco. Le chapitre VII, « Bilan d’une réforme linguistique » (p. 130-149), examine les résultats de ces politiques dans le domaine de l’administration, des médias, de la lexicographie, de l’éducation. À l’exception des manuels scolaires, l’enquête enregistra des progrès importants. Plus précisément, les documents administratifs (émanant des ministères, du Parlement, du Sénat plus récemment) appliquent de manière de plus en plus systématique les règles de la syntaxe épicène et de la féminisation des noms de grade et de fonction. En ce qui concerne le domaine des médias, la langue journalistique a fini par consacrer l’emploi des substantifs féminins en cause. La lexicographie, enfin, après une phase d’hésitation lisible dans la multitude des usages proposés, passe à une autre où est bien évidente la volonté d’enregistrer, de manière claire qui ne soulève pas de doutes, des formes grammaticales qui rendent visibles les femmes dans la langue.Dans la Conclusion (p. 151-154), est tenté un bilan du long cheminement des Françaises vers la parité linguistique qui montre l’épaisseur historique de la question. Celui-ci rappelle le rôle qu’ont joué ces pionnières et pionniers – plus rares, il est vrai – dans la contestation du masculin « universel ». Leur action a mis en évidence le rapport entre la parité linguistique et politique. Même si certains noms de métier et de fonction n’ont pas encore été dotés d’une forme féminine attestée, lacune qui perpétue une image masculine du monde, le processus de visibilité des deux sexes dans la langue – « revendication fondamentale, essentielle et existentielle » - semble être désormais irréversible.Deux annexes qui éclairent certains aspects importants de la question complètent cette étude. Dans la première (p. 157-176) sont présentés trois tables de substantifs provenant des éditions successives de trois dictionnaires français (Le Petit Robert, Le Petit Larousse, le Dictionnaire de l’Académie française) et d’un dictionnaire franco-hellénique (éd. Kauffmann). Ils mettent en lumière les progrès effectués dans le domaine de la féminisation de la langue. La deuxième annexe (p. 177-195) présente un florilège de textes traduits en grec par les auteures de la présente étude : a) articles publiés dans la presse de la fin du XIXe siècle : ils restituent le débat public ouvert entre partisanes de la féminisation de la langue et tenants du statu quo linguistique ; b) l’adresse de l’Académie française au Président de la République française publiée dans Le Figaro du 9 janvier 1998 sous le titre : « L’Académie française veut laisser les ministres au masculin » ; c) enfin les textes législatifs : les circulaires de Laurent Fabius (1986) et de Lionel Jospin (1998), la Recommandation du Comité des ministres du Conseil de l’Europe « sur l’élimination du sexisme dans le langage » : ce texte recommande aux gouvernements des États-membres de prendre des mesures en faveur de l’utilisation d’un langage reflétant le principe de l’égalité des deux sexes non seulement dans les textes juridiques et administratifs mais aussi dans l’éducation.L’étude se termine par un Index des noms de personnes (p. 221-223) et une bibliographie (p. 197-220) composée d'essais de grammaire, de dictionnaires, de guides de féminisation et de rédaction non sexiste, de manuels scolaires, d'essais philosophiques, d'articles de presse, de textes législatifs et administratifs. La diversité des sources recueillies met en relief la complexité d’une question qui est loin de n’être que linguistique pour revêtir un caractère surtout politique, social et culturel.
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